Road trip exotique à Burgeo

~ Par Marilynn Guay Racicot ~

Lorsque nous bifurquons sur la route 480 depuis la Transcanadienne, rien ne laisse présager les merveilles qui nous attendent au fil des 148 prochains kilomètres.

L’épaisse forêt de conifères que nous traversons depuis une bonne heure laisse enfin place à de vastes paysages lunaires. À perte de vue, de gros rochers déposés ici et là par des glaciers décorent la lande verdoyante. De petits et grands étangs d’un bleu électrisant éclaboussent le tableau ensoleillé. En bordure de la route asphaltée, des fleurs sauvages dansent au gré du vent chaud qui souffle.

Nous approchons de notre destination du jour lorsque du mouvement en périphérie attire notre attention. Des caribous! Ma compagne de voyage et moi nous empressons de sortir de la voiture pour aller les observer depuis le bord de la route. Ils sont si près que nous pouvons les entendre brouter!

Article blogue Burgeo

© Marilynn Guay Racicot

De retour à notre itinéraire, bouche bée de notre expérience sur la Caribou Trail (la route porte bien son nom!), nous n’avons pas fini de voir nos mâchoires s’allonger. Quelques kilomètres plus tard apparaît l’archipel coloré de Burgeo et ses longues plages de sable blond, lui conférant des airs de station balnéaire.

Sous les tropiques de l’Atlantique Nord

Après quelques jours de randonnée exceptionnelle dans le parc du Gros-Morne, nos jambes quémandent un peu de répit. Une escale au parc provincial Sandbanks nous semble tout indiquée pour relaxer sur les plus belles plages de Terre-Neuve. À notre arrivée, un vendredi après-midi de fin juillet, le camping affichait complet. Chose rare à Terre-Neuve, et en particulier dans ce coin de l’île… Voyant nos mines déconfites, le garde-parc nous dégote finalement un petit coin pour planter notre tente. Qu’ils sont accueillants ces Terre-Neuviens!

Guidées par le son des vagues, nous nous précipitons sur les dunes. Sur le sentier de sable doux et chaud, presque trop pour nos pieds nus, nous croisons deux résidentes pendant leur promenade quotidienne. « Ça vous plaît, les touristes? », les questionnais-je. « Ah certainement! Parce qu’on peut se péter les bretelles avec nos plages! », me répondent-elles d’une seule voix.

Elles ont de quoi se vanter : entre l’océan turquoise, le sable immaculé et le littoral verdoyant, on se croirait sous les tropiques du Nord, cocotiers et vacanciers en moins. Il faut dire que le week-end est impeccable, soleil et chaleur sont au rendez-vous. Malgré l’achalandage plus élevé qu’à l’habitude, nous jouissons de cet endroit paradisiaque dans la plus grande intimité.

Article blogue Burgeo (1)
Article blogue Burgeo (2)

© Marilynn Guay Racicot

Archipel exceptionnel

À trois heures de route de Corner Brook et neuf heures de St. John’s, Burgeo a plus que des plages idylliques à offrir (bien qu’elles seules valent le détour). Cet archipel à l’eau cristalline est aussi réputé pour le kayak de mer. Quel bonheur de visiter le village en circulant dans les canaux qui s’y faufilent! On peut contempler les maisons colorées et la vie qui bat si doucement dans ce recoin de l’île. Sous notre embarcation, les méduses dansent par dizaines. On imagine plusieurs autres créatures marines participer à la chorégraphie. Les pagayeurs plus expérimentés s’aventurent dans l’océan Atlantique Nord, où des dizaines d’îles rocheuses attendent leur visite.

Ceux qui préfèrent avoir les deux pieds sur terre en ont aussi pour leur argent : des sentiers relient les 7 kilomètres de plages, les marais du parc provincial et le point de vue Cow Hill. Cette balade agréable sous la brise marine offre une incursion unique dans le riche écosystème côtier de l’aire protégée, où niche entre autres le pluvier siffleur, une espèce en voie de disparition.

Vue sur Burgeo © Jacinthe Gosselin

Dans la petite communauté de 1300 habitants, on retrouve quelques gîtes, des casse-croûtes, une épicerie, un café riquiqui où il fait bon se réfugier par jour de pluie, ainsi qu’un sympathique musée communautaire. À visiter absolument pour découvrir une collection d’artefacts inusités qui racontent l’histoire de Burgeo et des environs.

Reliée par la route depuis 1979, Burgeo faisait autrefois partie des dizaines de villages de pêche isolés de la côte sud-ouest. À ce jour, seuls quelques-uns tiennent encore debout loin de tout, et Burgeo est leur point de ravitaillement via un bateau côtier (service de fret et de passager). Un traversier quotidien permet aussi de rejoindre l’île Ramea en 1 h 15, destination idéale pour une excursion d’un jour.

Vue sur Burgeo © Jacinthe Gosselin

Farniente qui s’éternise entre deux saucettes, BBQ dans les dunes au couchant, observation de la faune et de la Voie lactée, rencontres avec de sympathiques habitants... De Burgeo, on ne veut plus partir. Hélas, toute bonne chose a une fin. On se promet d’y revenir.

Attention : On ne retrouve aucun service sur la route 480. Assurez-vous de faire le plein d’essence avant de l’emprunter.

À propos de l'auteure...

Originaire du Québec, Marilynn Guay Racicot est tombée sous le charme de Terre-Neuve-et-Labrador en 2018, si bien que St. John’s fut son port d'attache pendant plus d’un an. En plus d’explorer l’île à bottines, cette randonneuse et journaliste bourlingueuse a récolté des histoires pour Le Gaboteur, le journal francophone provincial, et contribué à la rédaction du plus récent guide touristique en français d’Explore TNL. Elle partage sur le blogue ses découvertes et ses coups de coeur lors de son passage à Terre-Neuve et au Labrador.

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